Acheter sa cornemuse : neuve, d'occasion, ce qu'il faut vérifier

Une cornemuse écossaise est un achat qui engage pour longtemps : un bon instrument bien entretenu se transmet d’une génération de sonneurs à l’autre. Avant de choisir, il faut savoir ce qui fait la qualité d’une cornemuse, ce qui relève du simple décor et ce qui peut coûter cher à réparer. Ces conseils valent quel que soit le vendeur.
Avant tout : avez-vous besoin d’une cornemuse complète ?
Si vous débutez, la réponse est probablement non, pas tout de suite. Les premiers mois se passent sur le practice chanter, qui permet d’apprendre les doigtés et les ornements. Acheter une cornemuse complète trop tôt expose à deux écueils : un instrument qui dort dans son étui, ou des mauvaises habitudes prises faute de bases. Le choix de ce premier instrument fait l’objet d’une page dédiée : choisir un practice chanter.
Le passage à la cornemuse complète se fait en général sur le conseil d’un enseignant, quand les doigtés sont solides.
Neuve ou d’occasion ?
| Neuve | D’occasion | |
|---|---|---|
| État | Connu, garantie du fabricant | À vérifier pièce par pièce |
| Bois | Parfois encore « jeune », à jouer progressivement | Déjà stabilisé si l’instrument a été joué |
| Choix | Montures et finitions au choix | Selon ce qui se présente |
| Risque | Faible | Fissures, pièces remplacées, perce abîmée |
| Intérêt | Tranquillité | Instruments anciens recherchés pour leur son |
Le marché de l’occasion est actif chez les sonneurs, et certaines cornemuses anciennes de grands facteurs sont très recherchées pour la qualité de leurs bourdons. Mais une occasion ne s’achète pas sur photo : elle s’examine en main, idéalement avec un sonneur expérimenté.
Les matériaux
Le bois africain noir (blackwood)
La plupart des cornemuses de qualité sont tournées dans le blackwood (Dalbergia melanoxylon), un bois d’Afrique de l’Est très dense, gras et stable. Il donne un son apprécié et vieillit bien s’il est entretenu. Sa contrepartie : il reste un bois, sensible aux chocs et aux écarts brusques de température et d’humidité, qui peuvent provoquer des fissures. Des instruments anciens existent aussi dans d’autres bois tropicaux denses.
Les polymères
Plusieurs fabricants proposent des cornemuses entièrement en polymère (souvent de type acétal). Elles résistent mieux aux chocs, à la pluie et aux changements de climat, ce qui en fait un choix pratique pour les débutants, les sorties en extérieur et les pipe bands. Leur son a beaucoup progressé et certains sonneurs confirmés les jouent en concours. On trouve aussi des chanters en polymère montés sur des bourdons en bois, combinaison très répandue.
Les montures
Les bagues et embouts décoratifs, appelés montures, n’influent que marginalement sur le son. Ils changent en revanche l’aspect et le prix : matière synthétique imitant l’ivoire, métal nickelé, argent gravé. L’ivoire naturel se rencontre sur des instruments anciens ; sa vente et son transport sont strictement encadrés par la réglementation, ce qui impose de se renseigner avant d’acheter ou de voyager avec un tel instrument.
Ce qu’il faut vérifier sur un instrument
Pour une cornemuse d’occasion, passez en revue chaque pièce, en vous aidant de l’anatomie de la cornemuse écossaise si besoin.
- Fissures : examinez le bois à la lumière, surtout autour des tenons, des emboîtures et du haut des bourdons.
- Perce : regardez à l’intérieur des tuyaux ; elle doit être lisse, sans éclat ni trace de réparation grossière.
- Tenons : ils doivent être garnis de chanvre (ou d’un fil synthétique) et coulisser fermement, sans jeu.
- Montures : elles ne doivent pas bouger ; une bague qui tourne peut cacher un bois qui a travaillé.
- Pièces d’origine : vérifiez que les bourdons forment un jeu cohérent ; une pièce remplacée n’est pas rédhibitoire mais doit être signalée.
- Poche : une poche en peau ancienne est souvent à changer ; ce n’est pas grave, mais il faut le prévoir.
- Chanter : il s’achète parfois séparément ; un chanter fendu ou trop ancien pour l’accord actuel des groupes est à remplacer.
Essayer avant d’acheter
Dans la mesure du possible, faites jouer l’instrument par un sonneur confirmé, puis jouez-le vous-même.
- Étanchéité : bouchez les bourdons et le chanter, gonflez la poche et vérifiez qu’elle reste ferme sans fuite audible.
- Stabilité des bourdons : une fois accordés, ils doivent tenir sans battre ni « couper ».
- Facilité de jeu : avec des anches bien réglées, l’instrument ne doit pas demander une pression excessive.
- Justesse : le chanter doit être homogène d’une note à l’autre.
Gardez en tête que les anches et la poche sont des consommables : un instrument qui sonne mal à l’essai peut simplement avoir des anches usées. À l’inverse, un bois fissuré ou une perce abîmée relèvent d’une réparation lourde.
Ce qui est livré avec l’instrument
Une cornemuse peut être vendue avec ou sans certains éléments. Vérifiez ce qui est inclus :
- poche et housse de poche, cordons de bourdons ;
- anches de chanter et de bourdons ;
- éventuel système de gestion de l’humidité ;
- étui rigide, indispensable pour protéger le bois.
Se faire accompagner
Le conseil le plus utile reste de ne pas acheter seul. Un enseignant ou un sonneur expérimenté repère en quelques minutes ce qui échappe à un débutant. Les groupes et les associations de sonneurs sont aussi de bons endroits pour s’informer sur les instruments disponibles : la page pipe bands et bagadoù explique comment les approcher. Une fois l’instrument choisi, la qualité de son entretien, à commencer par celui de la poche, fera le reste.
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